Qu'est-ce que la psychothérapie ICV ?

Origine :

L’Intégration du Cycle de la Vie (ICV) est développée en 2002 par une psychologue américaine, Peggy Pace, sous l’appellation Lifespan Integration. C'est une thérapie psycho-corporelle qui repose sur la capacité du système corps-esprit de se guérir lui-même.

Cette thérapie s’inspirant des neurosciences et des théories de l’attachement vise à établir ou rétablir chez la personne une bonne capacité de régulation émotionnelle, favorisant ainsi l’estime de soi, la confiance en ses ressources personnelles et la capacité d’adaptation aux évènements de vie difficiles, quelles que soient les souffrances rencontrées dans le passé.


Pourquoi utiliser l'ICV :

Les thérapeutes savent que les adultes qui ont subi de la négligence, des violences ou des traumatises pendant l’enfance peuvent passer des années en thérapie à ventiler leurs émotions et à parler des traumatismes de leur histoire de vie sans les résoudre.

Un trauma n’est pas résolu lorsque sa remémoration (volontaire ou non) active des sensations dans le corps et des émotions non liées au souvenir conscient, comme si une partie de soi était restée bloquée au moment de l'événement difficile sans pouvoir s'en libérer, alors que la partie rationnelle du cerveau sait pourtant que tout cela est terminé.

Cela s'explique par le fait qu'un traumatisme entraine un échec de l'intégration des informations au niveau neuronal.

Les personnes qui ont été traumatisées durant le développement de leurs systèmes neuronaux sont souvent « programmées » pour interpréter les événements de façon négative. Le moi-adulte du patient est fixé sur le passé, ce qui lui fait conjuguer le présent sur le mode du passé conservé, fragilisant ainsi sa cohésion interne.

Lorsque c’est le cas, il y a souvent une faible estime de soi, un dialogue intérieur négatif, de l’anxiété chronique ou de la dépression.

Cela persiste même si ces personnes ont réussi leur vie.


Comment ça marche ? :

La thérapie ICV va favoriser l'intégration neuronale (phénomène neurochimique qui provoque la connexion entre plusieurs réseaux de cellules cérébrales).

  • C’est possible grâce à la neurosplasticité du cerveau, c'est-à-dire à sa capacité de se restructurer neuronalement tout au long de la vie.

  • Ceci s’appuie sur le postulat neuroscientifique de Hebb selon lequel "des neurones qui se stimulent en même temps sont des neurones qui se lient ensemble".

Pour cela, le thérapeute fait de courtes connexions répétées avec les états émotionnels passés par une lecture cadencée de souvenirs signaux tout au long de la vie. Ceci va consolider leur intégration en mémoire autobiographique (mémoire qui concerne les souvenirs d’événements vécus personnellement se déroulant sur une durée limitée lors d’un moment particulier). Ce procédé permet aux neurones de ne pas « décharger » trop massivement à l’évocation des souvenirs traumatiques. Il maintient donc le système nerveux dans sa fenêtre de tolérance en évitant une sollicitation excessive de la mémoire traumatique. Cela permet à la personne ne pas être débordée par l'intensité des émotions refaisant surface. 


Méthode :

La ligne du temps est l’outil principal de la thérapie. C’est une liste de souvenirs construite par le patient, avec le thérapeute éventuellement. Elle débute par ses souvenirs les plus anciens, avec un minimum d’un événement par année. Tous les moments marquants de la vie du patient, positifs comme négatifs, y figurent.

Cette ligne du temps permet de faire visualiser chronologiquement ces souvenirs au patient. Il est projeté superficiellement dans ces moments de vie à travers une lecture rapide de sa ligne du temps. Plusieurs répétitions de cette liste s’effectuent lors d’une séance.

Visualiser un à un les souvenirs de la Ligne du Temps de manière répétée, permet au patient de connecter le souvenir traumatique au présent et d’éliminer sa charge émotionnelle : le patient réalise et intègre en profondeur que l’événement traumatique est passé. On aide le cerveau à assimiler ces informations et à apaiser le corps en lui faisant prendre conscience qu'il n'est plus dans la situation traumatisante. On montre à son système corps-esprit qu'il a effectivement survécu et continué à vivre.

On va détraumatiser le patient en douceur et déboucher sur une prise de recul de ce dernier sur sa propre vie accompagnée d’une meilleure image de soi, d’une amélioration des symptômes anxio-dépressifs et d’une résorption des tendances dissociatives (différentes parties de soi) et des symptômes post-traumatiques.

Cette intégration renforce le sentiment personnel de cohérence interne et permet une bonne régulation émotionnelle, par opposition à la dissociation qui témoigne d’une intégration neuronale insuffisante.


Au total, le présent va être analysé en fonction de cette sécurité retrouvée, et ceci va contribuer à une projection ajustée dans l’avenir. Cela peut donc limiter les phénomènes de rumination du passé et d’anticipation anxieuse du futur.